Point sur la situation du Dr Hussam Abu Safiya de Physicians for Human Rights Israel (PHRI) – (nous fut communiqué le 7/09/26)
Le directeur de l’hôpital de Gaza, Abu Safiya, fait état de coups et de menaces persistants pendant sa détention en Israël.
Le directeur de l’hôpital Kamal Adwan affirme que les gardiens de prison continuent de le frapper, notamment sur des parties sensibles de son corps, de le priver délibérément de sommeil et de l’avoir averti ne pas révéler ses conditions de détention à son avocat. L’administration pénitentiaire israélienne continue de retarder l’accès à un médecin indépendant, malgré son récent transfert vers un centre médical pénitentiaire.
Le Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan à Gaza, est détenu par Israël sans inculpation ni procès depuis décembre 2024. Lors d’une visite de son avocat le dimanche 30 août 2026, il a déclaré à ce dernier que les violences à son encontre de la part des gardiens de prison se poursuivaient. Selon une déclaration sous serment de son avocat, Abu Safiya a déclaré que, ces dernières semaines, les gardiens l’avaient frappé sur différentes parties de son corps, y compris des zones sensibles, à l’aide de leurs mains, de leurs bottes et de leurs matraques. Il a également indiqué que les gardiens le privaient délibérément de sommeil en faisant du bruit et en utilisant le système de sonorisation de la prison pendant la nuit. Selon Abu Safiya, à la suite d’une précédente visite de son avocat, il a été agressé et mis en garde contre toute divulgation d’informations concernant ses conditions de détention.
Ce nouveau témoignage intervient alors que l’association Physicians for Human Rights Israel (PHRI) a engagé une action en justice afin d’obtenir qu’un médecin indépendant puisse examiner Abu Safiya. Une demande visant à autoriser le Dr Amit Tirosh, spécialiste en médecine interne, à l’examiner a été soumise au Service pénitentiaire israélien (IPS) le 7 juillet. Cette demande n’ayant pas été approuvée, le Dr Abu Safiya, par l’intermédiaire de PHRI, a saisi le tribunal administratif. L’IPS a depuis demandé un nouveau délai pour présenter sa réponse à la requête. PHRI soutient qu’aucun retard ne se justifie et qu’un examen indépendant doit être autorisé sans délai.
La nécessité d’un examen indépendant est devenue d’autant plus pressante, vu l’état de santé d’Abu Safiya. Selon les dernières informations qu’il a fournies, il a été transféré le 10 août du centre de détention souterrain « Rakefet », où il était détenu à l’isolement, vers le centre médical de l’IPS situé à la prison de Ramla (Marash). Il y est resté environ une semaine et a subi plusieurs examens qui ont mis en évidence un certain nombre de problèmes médicaux. Dans requête au tribunal, le PHRI a souligné que ce transfert exceptionnel vers le centre médical de l’IPS indiquait en soi des besoins médicaux importants qui ne peuvent être pris en charge de manière adéquate dans les quartiers pénitentiaires ordinaires — ce qui constitue précisément les circonstances dans lesquelles un deuxième avis médical indépendant est justifié.
Ce dernier témoignage vient s’ajouter aux récits précédents d’Abu Safiya faisant état de violences graves tout au long de sa détention. Lors de précédentes visites de son avocat, il aurait subi des blessures à la tête, au visage et à d’autres parties de son corps, et a déclaré que les violences se poursuivaient même après que son avocat eut exigé qu’il bénéficie d’un examen médical d’urgence. Les dossiers médicaux officiels de l’IPS fournis à PHRI faisaient état d’une blessure à l’oeil gauche et consignaient les plaintes qu’il avait formulées auprès du personnel médical concernant des blessures à la tête et à la poitrine.
L’organisation Physicians for Human Rights Israel a déclaré : « Le dernier témoignage du Dr Abu Safiya confirme que la série d’abus délibérés à son encontre se poursuit. Il décrit des violences persistantes, une privation de sommeil et des menaces visant à l’empêcher de faire part de ses conditions de détention à son avocat. Parallèlement, son état de santé nécessite une évaluation et un traitement supplémentaires, mais l’IPS continue de retarder l’accès à un médecin indépendant. Les témoignages répétés et les preuves de plus en plus nombreuses des préjudices subis par le Dr Abu Safiya ne font que renforcer l’urgence d’autoriser un examen médical indépendant immédiat. »
Par ailleurs, il y a eu une nouvelle évolution concernant la requête distincte déposée par PHRI auprès de la Cour suprême israélienne visant à obtenir la libération de 14 médecins palestiniens de Gaza, dont le Dr Abu Safiya, qui sont détenus par Israël sans inculpation ni procès.
La Cour suprême a ordonné à l’État de préciser, avant le 13 septembre, si le chef d’état-major, ou une personne légalement habilitée par lui à le faire, a spécifiquement examiné la demande de libération des 14 médecins, en exerçant le pouvoir discrétionnaire que lui confère la loi et en tenant compte de leur statut de médecins. Si tel est le cas, l’État doit préciser qui a exercé ce pouvoir discrétionnaire.